PARTIE 3 – Je cherche une solution pour notre appartement pendant que Wesley tente de reconstruire sa propre vie

Je suis restée longtemps devant la carte de visite.

Un numéro.

Le nom d'une entreprise de maintenance qui existait encore, semblait-il.

Wesley n'avait pas demandé à revenir.

Il avait laissé un moyen de vérifier ce qu'il disait.

C'était différent.

J'ai rangé la carte dans mon sac et terminé mon service.

À la maison, Nolan m'a demandé si j'avais des nouvelles.

« Il a fait passer un message. »

« Alors il va bien ? »

« Je sais seulement qu'il a pu téléphoner. »

Il a réfléchi.

« C'est déjà quelque chose. »

J'ai souri.

Mon fils savait parfois accepter des réponses incomplètes mieux que moi.

Le samedi suivant, j'ai appelé l'ancien contremaître avec l'accord de Wesley, obtenu par l'intermédiaire du centre.

L'homme s'appelait Martin Ellis.

Il a commencé par se montrer prudent.

« Quel est le motif de votre appel ? »

J'ai expliqué la nuit passée chez nous et les petites réparations.

« Je cherche seulement à savoir s'il a vraiment travaillé dans ce domaine. »

Martin a confirmé qu'il avait dirigé Wesley pendant plusieurs années.

Il a précisé qu'il ne pouvait pas commenter sa situation médicale ou son dossier d'accident.

« En revanche, je peux vous dire qu'il travaillait soigneusement. Il arrivait toujours avec ses outils triés. »

« Pourquoi ne travaille-t-il plus pour vous ? »

« Nous avons perdu notre contrat de maintenance. Les choses sont devenues compliquées pour plusieurs employés. »

Il a hésité.

« Vous le voyez encore ? »

« Non. Je voulais savoir s'il avait des références réelles. »

Martin a soupiré.

« Dites-lui, s'il vous contacte, que mon numéro n'a pas changé. »

Après cet appel, je n'étais pas devenue responsable de Wesley.

Je me suis répété cette vérité en nettoyant la cuisine.

Une référence positive ne suffisait pas à faire d'un étranger un ami.

Un homme honnête pouvait avoir besoin d'aide que je n'étais pas capable de donner.

Et j'avais mes propres problèmes.

Le propriétaire n'avait toujours pas envoyé d'électricien.

J'avais rempli un formulaire de demande d'inspection et joint les photographies.

La personne du service municipal m'avait expliqué qu'elle allait déterminer la suite, sans me promettre une intervention immédiate.

J'avais déplacé le lit de Nolan loin du mur froid.

Nous dormions encore dans la même chambre.

Il râlait parfois parce que je ronflais.

Je lui répondais qu'il parlait en dormant.

Cette petite dispute nous faisait du bien.

Le lundi, une lettre du propriétaire nous attendait.

Elle rappelait le loyer en retard.

Il menaçait de prendre les mesures prévues par le bail si je ne régularisais pas la situation.

J'ai posé la lettre sur la table.

Mon salaire arrivait vendredi.

Même en travaillant des heures supplémentaires, je n'aurais pas tout.

J'ai ouvert la facture de chauffage.

Le chiffre était un peu moins terrible que je le craignais, mais il restait impossible à payer immédiatement.

Nolan m'a trouvée avec la calculatrice.

« C'est parce qu'on a acheté à manger pour Wesley ? »

J'ai relevé la tête brusquement.

« Non, mon chéri. »

« Mais on avait peu d'argent. »

« On avait déjà des difficultés avant de le rencontrer. Une assiette et une douche n'ont pas créé nos dettes. »

« Alors pourquoi tu pleures ? »

Je n'avais pas senti les larmes.

Je me suis essuyé les joues.

« Parce que je suis fatiguée. Les adultes aussi peuvent être fatigués. »

Il est venu s'asseoir contre moi.

Je ne lui ai pas donné les chiffres.

Ce n'était pas son rôle de porter nos problèmes financiers.

Le lendemain, j'ai pris rendez-vous avec l'organisme d'aide au logement.

J'ai expliqué mes heures de travail, le loyer et les réparations attendues.

L'intervenante, Gloria, a étudié les justificatifs.

« Je ne peux rien vous garantir avant l'examen du dossier », a-t-elle dit. « Mais vous avez bien fait de venir tôt. »

Elle m'a aidée à établir un budget réel.

Pas le budget idéal que j'avais imaginé en supprimant tout ce qui donnait un peu de joie à Nolan.

Un budget qui comprenait les médicaments courants, les transports, les repas et une petite marge d'imprévu.

Elle a aussi conseillé de négocier un échéancier écrit avec M. Keller.

« Et les réparations ? »

« Continuez à les signaler. Gardez ces questions séparées sur le papier. »

Je suis sortie avec un dossier sous le bras.

Ce n'était pas une solution miracle.

C'était une méthode.

Dans le bus, j'ai découvert un message vocal du centre d'accueil.

Une coordinatrice m'indiquait que Wesley m'autorisait à recevoir une mise à jour très générale.

Il avait pu dormir à l'abri quelques nuits et rencontrait un conseiller.

Il essayait d'obtenir une nouvelle copie de son identité et un rendez-vous médical.

J'ai écouté deux fois.

Puis j'ai appelé Nolan pour lui dire simplement que Wesley était en contact avec des personnes qui pouvaient l'aider.

« Alors il a trouvé une maison ? »

« Pas encore. »

« Mais il n'est pas seul ? »

« Pas pour toutes les démarches, non. »

Ce soir-là, j'ai reçu une réponse du propriétaire.

Il proposait de déduire une petite somme du loyer si je renonçais à demander des réparations supplémentaires.

J'ai relu sa phrase.

Puis j'ai envoyé le message à Gloria pour demander comment réagir.

Je n'ai accepté aucun arrangement oral.

Le mercredi, un homme est venu regarder la prise.

Il s'est présenté comme un employé chargé de la maintenance générale.

Je lui ai demandé s'il était habilité à inspecter l'installation électrique.

Il a répondu qu'il allait simplement remplacer la prise.

« Sans vérifier la cause de la surchauffe ? »

Il a paru agacé.

« Madame, je fais ce qu'on m'a demandé. »

Je l'ai laissé prendre des photos, mais j'ai demandé une vérification appropriée avant toute remise en service.

Il est parti sans toucher aux fils.

Je tremblais quand j'ai fermé la porte.

J'ai toujours détesté les confrontations.

Pourtant, Nolan dormait derrière cette paroi.

Le lendemain, une inspectrice a confirmé la réception de ma plainte et proposé un créneau.

Il faudrait que je manque deux heures de travail.

Denise a arrangé mon horaire.

Le soir même, quelqu'un a frappé à ma porte.

C'était la voisine du troisième, Mme Patel.

Elle tenait une petite enveloppe.

« Je crois que vous devriez voir ceci. »

À l'intérieur, il y avait la copie d'un courrier adressé au propriétaire six mois auparavant.

Une autre prise avait chauffé dans son appartement.

Je l'ai regardée, incrédule.

« Il savait ? »

« Je lui ai écrit deux fois », a-t-elle dit. « Et je ne suis pas la seule. »

Avant de dormir, j'ai envoyé un message à l'enseignante de Nolan pour lui signaler que notre chambre était temporairement réorganisée et qu'il pourrait être plus fatigué.

Je n'ai pas raconté nos finances.

Je voulais seulement qu'elle comprenne si ses devoirs arrivaient avec un peu de retard.

Elle a répondu le lendemain avec gentillesse.

« Merci de m'avoir prévenue. Nous ferons le point avec lui si nécessaire. »

J'ai senti mes épaules se détendre.

Je m'étais habituée à croire que demander une adaptation serait toujours mal vu.

Pourtant, certaines personnes voulaient simplement aider à organiser les choses correctement.

Le vendredi, Nolan a ramené un livre de la bibliothèque scolaire.

Il parlait d'un garçon qui construisait une fusée avec des matériaux récupérés.

Nous l'avons lu sur mon lit, puisqu'il dormait encore dans ma chambre.

À la dernière page, il m'a demandé si une vraie fusée pouvait être fabriquée avec du carton.

« Une maquette, oui. Pas une fusée pour voyager dans l'espace. »

Il a paru légèrement déçu.

Puis il a voulu savoir si Wesley saurait construire une base plus solide.

Je lui ai rappelé que Wesley cherchait à résoudre ses propres problèmes.

« Je peux essayer moi-même », a conclu Nolan.

« C'est une excellente idée. »

Nous avons cherché du carton propre dans le placard.


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 4 : Les voisins commencent à parler et je comprends pourquoi réparer une seule prise ne suffirait pas

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Une seule nuit offerte par compassion ouvre une porte que je croyais pouvoir refermer au matin #11

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