Denise m'a fait venir dans son bureau un lundi matin.
Je me suis demandé si j'avais commis une erreur.
J'avais passé la semaine à compléter un exercice sur le suivi des interventions.
J'avais parfois vérifié trois fois mes tableaux avant de les envoyer.
Elle m'a indiqué une chaise.
« Audrey, le poste de coordinatrice adjointe va être affiché. »
J'ai senti mon cœur accélérer.
« Il y aura un recrutement interne et externe. »
« Je comprends. »
« Tu remplis une partie des critères, et ta formation progresse bien. Je t'encourage à candidater. »
Je l'ai regardée.
« Vous pensez vraiment que j'ai une chance ? »
« Je pense que tu as une candidature sérieuse à présenter. La sélection appartient au jury. »
Cette réponse ressemblait à toutes les réponses prudentes de ces derniers mois.
Avant, elles m'auraient paru décevantes.
À présent, je pouvais reconnaître leur honnêteté.
Je suis rentrée avec la description du poste.
Il fallait organiser des plannings, suivre les demandes, assurer la circulation des informations et signaler les urgences aux professionnels compétents.
Le salaire de départ serait supérieur au mien.
Pas assez pour changer notre vie du jour au lendemain.
Assez pour que le budget respire un peu.
J'ai commencé une lettre de motivation.
Au bout de trois lignes, j'ai effacé tout le texte.
Je ne voulais pas me décrire comme exceptionnelle.
Je ne voulais pas non plus m'excuser d'être candidate.
Nolan s'est installé en face de moi avec ses mathématiques.
« Pourquoi tu fais cette tête ? »
« J'essaie d'expliquer pourquoi je serais bonne à un nouveau poste. »
Il a réfléchi.
« Tu connais les noms des résidents. »
« C'est vrai. »
« Tu sais quand quelqu'un a peur. »
J'ai souri.
« Ça ne suffit pas pour organiser des travaux. »
« Tu sais aussi faire des listes. Beaucoup de listes. »
Il a montré les papiers sur notre frigo.
Le calendrier des rendez-vous.
L'échéancier.
Les courses.
Le programme de l'école.
J'ai regardé cet assemblage de feuilles.
« Tu trouves qu'on a trop de listes ? »
« Non. Grâce à elles, tu n'oublies presque jamais ma journée bibliothèque. »
« Presque ? »
« Une fois, tu as oublié. Mais tu es revenue avec le livre avant le déjeuner. »
J'ai éclaté de rire.
Puis j'ai repris ma lettre.
J'ai décrit les situations où j'avais repéré un problème, contacté la bonne personne et assuré le suivi.
J'ai parlé des méthodes apprises pendant la formation.
J'ai donné des exemples concrets.
À la fin, j'avais une page claire.
Je l'ai enregistrée et envoyée le lendemain.
La question du logement n'avait pas disparu.
M. Keller avait accepté les versements prévus.
Mais mon bail approchait de son renouvellement.
Je ne savais pas quel loyer il proposerait ni quelles conditions seraient appliquées.
J'ai repris contact avec le service juridique pour comprendre mes options.
L'avocate m'a rappelé que tout dépendrait des documents et du droit applicable.
Elle m'a conseillé de lire attentivement tout avis de renouvellement et de demander un délai pour examiner les changements.
Je ne pouvais pas simplement supposer qu'il avait l'intention de me punir.
Mais je n'avais pas non plus à accepter sans regarder.
Le soir, j'ai étudié les annonces que Daniel m'avait aidée à repérer.
L'une concernait un immeuble plus proche de l'école.
Le loyer affiché était un peu plus élevé, mais les frais de chauffage semblaient différents.
J'ai appelé pour demander les conditions et les coûts complets.
La personne m'a expliqué la procédure de candidature.
Je lui ai demandé une visite.
Deux jours plus tard, Nolan et moi avons découvert l'appartement.
Il était plus petit que le nôtre.
La cuisine avait moins de placards.
Mais les fenêtres fermaient correctement et l'immeuble avait une laverie commune.
Une pièce donnait sur une cour avec deux arbres.
Nolan a regardé le coin où pourrait aller son bureau.
« Mon volcan tiendrait là. »
« Il aurait même une étagère. »
Il a souri.
Puis il a demandé :
« Si on déménage, est-ce qu'on perd Mme Patel ? »
J'ai senti une pointe dans ma poitrine.
« Non. On pourra toujours lui rendre visite. Mais ce serait différent. »
Il a réfléchi.
« Alors je veux qu'on lui demande si elle aime le chocolat chaud. »
Je ne comprenais pas.
« Pourquoi ? »
« Parce qu'on pourrait l'inviter chez nous. Dans la nouvelle maison. »
Je me suis penchée pour l'embrasser.
Nous n'avons pas rempli de dossier ce jour-là.
Je voulais connaître les frais, les délais et les conditions avant de décider.
Le lendemain, Daniel m'a appelée.
Il a écouté le compte rendu de la visite.
« Tu as le droit d'explorer plusieurs possibilités », m'a-t-il dit.
« Je sais. Mais j'ai peur de changer l'école de Nolan. »
« Alors vérifie le secteur. Ne devine pas. »
J'ai téléphoné au district scolaire.
L'agent m'a expliqué comment confirmer l'affectation selon une adresse précise.
Le logement envisagé semblait compatible avec la continuité de sa scolarité, mais il fallait encore vérifier officiellement lors d'une candidature.
J'ai noté les étapes.
Le samedi, Wesley nous a envoyé sa recette de pain.
Il avait écrit les quantités sur une feuille photographiée.
Au bas de la page, une phrase m'a fait sourire.
« Laissez reposer la pâte. On ne peut pas accélérer toutes les bonnes choses. »
Nolan a lu la phrase à haute voix.
« C'est comme ta promotion ? »
« Un peu. »
« Et notre appartement ? »
« Peut-être aussi. »
Il a pris le saladier.
« Alors on va commencer par le pain. »
Le week-end de la visite du nouvel appartement, j'ai commencé une liste que je n'avais jamais pensé écrire.
Ce que je voulais dans un logement.
Ce que je pouvais accepter.
Ce qui n'était pas négociable.
La sécurité de Nolan figurait en premier.
Venaient ensuite un trajet raisonnable pour le travail, un accès à l'école et des frais que je pouvais réellement payer.
La taille des placards arrivait bien plus bas.
Quand Nolan a vu la liste, il a demandé d'ajouter une place pour ses livres.
Je lui ai donné un crayon.
Il a inscrit « UNE ÉTAGÈRE » en lettres énormes.
« Maintenant, c'est officiel », a-t-il déclaré.
Je lui ai demandé ce qu'il aimerait le plus retrouver de notre appartement actuel.
Il a réfléchi avant de répondre.
« Le vendredi soir. Le film et le pop-corn. »
Je me suis sentie soulagée.
Cette tradition ne dépendait pas d'une adresse.
Nous pouvions l'emporter avec nous.
J'ai ajouté une ligne au bas de la feuille.
« Un endroit où nous avons envie de rentrer. »
Nolan a approuvé.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 13 : Le propriétaire annonce de nouvelles conditions et je dois choisir entre rester par habitude ou partir pour de bon
Une seule nuit offerte par compassion ouvre une porte que je croyais pouvoir refermer au matin #11
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