L'avocate s'appelait Rebecca Shaw.
Teresa avait organisé une consultation par l'intermédiaire d'un service d'aide aux victimes.
Rebecca avait un classeur mince et un carnet quadrillé.
Elle a commencé par m'expliquer qu'elle ne représentait pas l'accusation.
Son rôle était de m'aider à comprendre mes droits et les démarches civiles éventuelles.
Je lui ai parlé de notre maison.
Marcus avait signé les documents du prêt.
Mon nom figurait également sur certains papiers.
Je ne savais pas s'ils étaient authentiques.
Rebecca a demandé que nous rassemblions les copies avant de tirer des conclusions.
Un mariage n'effaçait pas les questions de propriété.
Une arrestation ne transférait pas automatiquement la maison à la victime.
Et une condamnation pénale ne remplaçait pas tous les actes nécessaires pour organiser une séparation.
Je l'écoutais en prenant des notes.
« Je voudrais divorcer », ai-je dit.
« C'est une décision importante. Nous pouvons préparer les premières étapes. »
Elle a évoqué la possibilité de mesures provisoires, selon les règles de notre État et les faits documentés.
Elle ne pouvait pas garantir le résultat d'une demande.
J'ai apprécié qu'elle me le dise clairement.
Marcus avait promis tant de certitudes qui n'existaient pas.
Rebecca a ensuite parlé des ordonnances de protection.
Les conditions dépendraient du dossier, des audiences et des décisions prises par le tribunal.
Nous pourrions demander des restrictions de contact et envisager des dispositions concernant Maya.
Mais il faudrait respecter les procédures.
Je lui ai dit que je ne voulais pas qu'il approche ma fille.
Elle a noté ma préoccupation.
Elle m'a expliqué comment les éléments de danger pouvaient être présentés au juge.
Je me suis mise à pleurer en parlant de la paternité.
« Il est son père sur le papier. »
Rebecca a attendu que je termine.
« Le lien biologique ne donne pas le droit de mettre un enfant en danger », a-t-elle répondu.
Elle a ajouté que les décisions de garde et de contact reposeraient sur l'intérêt et la sécurité de Maya, avec des mesures adaptées à la situation.
Rien ne devait être improvisé.
Avant de partir, elle m'a donné une feuille de priorités.
Conserver mes documents.
Ne pas répondre directement à Marcus.
Prévenir les services concernés de mon besoin de confidentialité.
Conserver les traces des tentatives de contact.
Demander conseil avant toute signature.
« Et vos médicaments ? » a-t-elle ajouté.
La question m'a surprise.
Je lui ai montré le pilulier préparé par l'hôpital.
Elle a souri.
« Je ne parle pas seulement des papiers. Vous devez pouvoir vous reposer. »
Lena m'a raccompagnée dans ma chambre.
Sur le chemin, elle m'a demandé si j'avais peur d'un procès.
« Oui. »
« Tu voudrais ne jamais le revoir ? »
« Plus que tout. »
Elle a serré ma main.
Nous avons trouvé Maya endormie derrière une vitre.
Une infirmière a expliqué que certains paramètres s'amélioraient.
Les médecins poursuivaient cependant leurs observations.
J'ai demandé quand je pourrais la tenir contre moi.
L'équipe a proposé un moment adapté dès que sa situation le permettrait.
Le lendemain, on m'a installé un fauteuil près de son lit.
Une soignante l'a placée délicatement contre ma poitrine.
Je sentais sa chaleur à travers les tissus.
Elle a ouvert la bouche, puis s'est rendormie.
Pendant quelques minutes, j'ai oublié le dossier juridique.
Je n'ai pas oublié Marcus.
J'ai simplement réussi à penser à autre chose que lui.
C'était une première victoire, petite mais réelle.
Rebecca m'avait proposé de rédiger une liste des choses qui m'appartenaient avant que le mariage se dégrade.
J'ai commencé par mes livres.
Une boîte de romans policiers hérités de ma mère.
Des livres de recettes.
Un album de photographies.
Puis j'ai pensé à mon diplôme.
Je l'avais laissé dans un cadre près de mon ancien bureau.
Marcus s'était moqué de ce cadre.
Il disait que je n'avais pas besoin d'afficher mes qualifications dans une maison.
Mais j'avais travaillé plusieurs années pour obtenir ce diplôme.
Je voulais le récupérer.
Rebecca a expliqué que la récupération des effets personnels devait être organisée selon les règles et les mesures de sécurité applicables.
Je ne devais pas me présenter seule à notre ancienne adresse.
Elle a proposé de coordonner les demandes avec les interlocuteurs compétents.
Nous avons ajouté les vêtements, les documents et quelques objets de famille.
Je me suis arrêtée devant la ligne « bonnet de bébé ».
Je ne savais pas ce qu'il était devenu.
Nous l'avons inscrit quand même.
Plus tard, une partie des effets a pu être récupérée par des voies appropriées.
Le diplôme était intact.
L'album avait perdu quelques pages.
Le bonnet n'était pas dans les affaires remises.
J'avais cru que je serais bouleversée.
En réalité, je me suis sentie surtout soulagée de revoir mon diplôme.
Je l'ai posé contre le mur de ma chambre au centre.
Lena l'a redressé.
« Tu devrais être fière », a-t-elle dit.
« Je le suis. »
C'était la première fois que je prononçais cette phrase à propos de mon travail sans craindre une remarque de Marcus.
Une intervenante du centre a remarqué le cadre.
Elle m'a demandé dans quelle pharmacie j'avais travaillé.
Nous avons parlé des habitudes de vérification et de l'importance des procédures.
Elle m'a raconté qu'elle avait envisagé le même métier plus jeune.
Notre conversation a duré dix minutes.
Je ne lui ai pas raconté mon mariage.
Elle ne me l'a pas demandé.
Je suis restée devant le cadre après son départ.
J'avais été une professionnelle avant d'être une victime.
Je pouvais redevenir une professionnelle sans renier ce qui m'était arrivé.
Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 8 : Le tribunal fixe des mesures temporaires pendant que je prépare une adresse que Marcus ne connaîtra pas
La voix de ma sœur traverse la cave où Marcus pensait m’avoir effacée pour toujours #11
Part 7 of 16

One Comment on “PARTIE 7 – Une avocate m’explique ce que la procédure peut protéger et ce qu’elle ne pourra jamais effacer”