PARTIE 9 – Scott découvre le coût de ses certitudes et les limites de ses menaces sur la garde

La réunion a commencé à neuf heures dans une salle de conférence près du palais de justice.

Une bouteille d'eau se trouvait devant chaque chaise.

Scott a refusé la sienne.

Il avait l'air fatigué.

Son avocat a présenté une première proposition.

Elle supposait que Scott conserverait l'entreprise et la maison, tandis que je recevrais un paiement échelonné.

Le montant n'était pas appuyé sur les évaluations récentes.

Claire a demandé comment il avait été calculé.

Personne n'a pu donner une réponse complète.

Nous avons alors examiné la situation de la société.

La valeur dépendait des contrats, des dettes, des actifs et de la possibilité de maintenir l'activité.

Après la première réunion de règlement, j'avais pris rendez-vous avec une conseillère budgétaire.

Je lui avais apporté mes relevés et une liste de dépenses réelles.

Pas seulement les mensualités et les assurances.

Les cadeaux d'anniversaire.

Les chaussures de sport.

Les réparations de voiture.

Le prix du carburant pour les trajets scolaires.

Elle m'avait demandé ce que je voulais préserver en priorité.

J'avais répondu les écoles des enfants et une épargne pour les imprévus.

Elle avait sorti une feuille vierge.

« Alors construisons autour de cela. »

Nous avions travaillé pendant presque deux heures.

Je m'étais rendu compte que je confondais souvent sécurité et maintien de toutes nos habitudes.

Au moment où Scott avait présenté ses excuses, j'étais incapable de savoir quoi en faire.

Je me souvenais de toutes les fois où il avait formulé des regrets après une dispute.

Il apportait parfois des fleurs.

Il promettait de changer de ton.

Puis, quelques semaines plus tard, une autre pression financière survenait et les mêmes habitudes revenaient.

Cette fois, je n'ai pas répondu par une promesse de pardon.

Je lui ai dit que j'avais entendu ses paroles.

Je voulais voir comment il se comporterait avec les enfants au cours des mois suivants.

Je voulais aussi que nos accords soient respectés même pendant les désaccords.

Scott a baissé la tête.

Je n'ai pas essayé de le consoler.

Quand je suis rentrée, je me suis assise dans le jardin avec un vieux plaid.

Il ne faisait pas très chaud.

J'ai regardé une petite mésange venir près de la mangeoire.

J'ai pensé à la manière dont j'avais autrefois organisé toute ma journée autour de l'humeur de Scott.

Je consultais son visage avant de proposer une activité.

Je calculais le bon moment pour parler d'une facture.

Je minimisais mes réussites pour ne pas lui donner l'impression qu'il avait perdu sa place.

Ce comportement n'avait pas commencé en une nuit.

Je ne pouvais pas non plus l'abandonner instantanément.

J'ai pris rendez-vous avec une thérapeute.

Non pour obtenir une preuve contre Scott.

Pour apprendre à prendre des décisions sans chercher l'approbation de quelqu'un d'autre.

Lors de la première séance, j'ai parlé du stylo sur le comptoir.

Puis de la peur que j'avais ressentie quand Scott avait mentionné les enfants.

La thérapeute n'a pas tenté de me donner une grande leçon.

Elle m'a demandé ce qui m'aidait à me sentir en sécurité aujourd'hui.

J'ai parlé de Marion, des routines et des conseils juridiques.

Elle m'a invitée à préserver ces appuis.

Je suis sortie avec un nouveau rendez-vous.

Et l'impression d'avoir fait quelque chose uniquement pour moi.

Je voulais garder la grande maison.

Je voulais éviter les changements.

Je voulais continuer à dire oui à toutes les activités.

Mais garder tout cela coûte que coûte risquait d'épuiser nos ressources.

La conseillère ne m'avait pas dit quoi faire.

Elle avait montré plusieurs scénarios.

Je les avais rapportés chez moi.

Dans la soirée, je m'étais assise sur le tapis du salon avec les plans de logements plus petits.

Certains avaient deux chambres.

D'autres trois.

Un appartement disposait d'un parc derrière l'immeuble.

J'avais commencé à imaginer un autre avenir que celui de rester dans une maison où chaque pièce rappelait une dispute.

Cela m'avait effrayée.

Cela m'avait aussi donné une petite envie de déménager.

J'avais refermé l'ordinateur sans prendre de décision.

Pour une fois, j'acceptais de ne pas avoir toutes les réponses immédiatement.

Paul avait préparé une fourchette avec plusieurs hypothèses.

Scott n'aimait aucune d'elles.

« Vous ne pouvez pas compter des clients qui pourraient partir demain », a-t-il dit.

Paul a confirmé que cette incertitude était déjà intégrée à son analyse.

Puis le sujet de la maison est revenu.

Je ne voulais pas forcément la garder à n'importe quel prix.

J'avais demandé un budget de refinancement à la banque.

Le coût d'un rachat de la part de Scott et les mensualités futures risquaient d'être trop élevés.

J'ai posé le document devant Claire.

« Je veux savoir ce que je peux vraiment payer. »

Scott m'a regardée.

« Tu admets enfin que tu ne peux pas garder cette maison ? »

« J'admets que je dois vérifier les chiffres. »

Son avocat lui a demandé de le laisser poursuivre.

Nous avons évoqué la résidence des enfants séparément.

Scott avait proposé un changement complet de leur lieu de vie.

Il le justifiait par les revenus et la taille de son nouvel appartement.

Claire a rappelé que les capacités financières ne remplaçaient pas l'examen des besoins des enfants, de leur histoire et de l'organisation concrète des soins.

Le plan temporaire fonctionnait mieux depuis quelques semaines.

Les deux enfants continuaient à voir leurs deux parents.

J'avais cessé de commenter leurs séjours chez Scott.

Il avait réduit les messages accusateurs.

Tout cela comptait davantage qu'une phrase prononcée sous le coup de la colère.

La réunion s'est terminée sans accord final.

Nous avions néanmoins identifié les documents encore manquants.

À midi, je suis sortie marcher dix minutes.

Il faisait froid.

Une feuille s'était collée à ma chaussure.

Je l'ai décrochée et jetée dans une poubelle.

Je me suis demandé si la liberté ressemblait vraiment à cela.

Des rendez-vous coûteux.

Des factures.

Des incertitudes.

Pas de fanfare.

Puis Claire m'a rejointe sur le trottoir.

« Vous avez bien fait de ne pas réagir à ses provocations. »

« J'avais surtout envie de rentrer. »

« Vous avez quand même dit ce qui devait être dit. »

Je suis rentrée à temps pour la sortie de l'école.

Ben a grimpé dans la voiture avec une mauvaise note en sciences.

Il semblait terrifié de me la montrer.

J'ai regardé la feuille.

« On va reprendre le chapitre ce week-end. »

« Tu n'es pas fâchée ? »

« Je préfère que tu me montres une mauvaise note plutôt que tu la caches. »

Il a souri.

Sans le savoir, je venais de dire exactement ce que j'aurais voulu entendre de Scott.


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Le compte oublié par Scott et les premières questions que mon avocate osa lui poser #11

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